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Bricolage & DIY

Terrasse et bardage en acacia : lames, lambourdes

Pour une terrasse en acacia, prenez des lames d’au moins 25 mm d’épaisseur, posez-les sur des lambourdes espacées de 40 à 50 cm au maximum, et ne vissez jamais les lames directement sur un support plein. Pour un bardage, l’acacia exige une façade ventilée : un vide d’air d’au moins 20 mm derrière les planches, sinon l’humidité stagnante détruit le bois en quelques années, même durables par essence. L’acacia (Robinia pseudoacacia) est l’un des rares bois européens de classe de durabilité 1 à 2, comparable aux essences tropicales, ce qui explique qu’on le retrouve de plus en plus en extérieur sans traitement chimique.

Mis à jour le 15/09/2026Lecture 6 minTous niveaux

Des lames de terrasse en acacia fraîchement posées sur lambourdes, encore brunes, photographiées en plongée légère un matin de printemps avec une...

Un magazine indépendant en slovaque, Drevo pod holým nebom, traite précisément ces sujets en détail, par exemple la page qui explique comment choisir les lames d’acacia, monter une terrasse sur lambourdes et poser un bardage ventilé. Le site ne vend rien : il documente l’essence, ses usages et son entretien. Vous y croiserez du slovaque, mais les schémas et tableaux de dimensions se lisent sans traduction.

Comment choisir des lames de terrasse en acacia selon l’épaisseur et la classe ?

L’acacia est classé en durabilité 1 à 2 (durables à très durables) selon la norme EN 350, ce qui veut dire qu’il résiste aux champignons et aux insectes sans traitement autoclave. Ce classement concerne le duramen, le cœur brun du bois. L’aubier, la partie claire en périphérie de la grume, n’est pas durable : une lame qui contient plus de 10 % d’aubier sur sa face visible perdra ces zones en quelques hivers. À la commande, vérifiez donc deux choses : le pourcentage d’aubier accepté par le fournisseur (écrivez-le sur le bon de commande) et l’épaisseur réelle après rabotage.

Côté dimensions, trois épaisseurs se rencontrent :

  • 21 mm : réservée aux terrasses sur plots posées sur dalle béton, avec lambourdes tous les 40 cm maximum.
  • 25 mm : le standard pour usage familial, entraxe de lambourdes de 40 à 45 cm.
  • 32 mm et plus : passages fréquents, mobilier lourd, entraxe jusqu’à 50 cm.

L’erreur type : acheter des lames de 21 mm et les poser avec 60 cm d’entraxe parce que c’était le pas du carrelage en dessous. Les lames vont fléchir sous le pied, puis travailler au gel. Nous ne posons pas nous-mêmes au-delà de 50 cm d’entraxe, quel que soit le fournisseur.

Prévoyez aussi le retrait. L’acacia est dense et bouge beaucoup au séchage : des lames livrées vertes ou humides vont perdre 3 à 5 mm de largeur. Exigez un taux d’humidité entre 18 et 22 % pour une pose extérieure, et laissez les lames s’acclimater une semaine sur place, à l’abri, avant la pose.

Quel espacement prévoir entre les lambourdes d’une terrasse en acacia ?

Règle de base : 40 cm d’entraxe pour des lames de 25 mm, 50 cm maximum pour 32 mm. Mesurez l’entraxe d’axe en axe, pas de bord à bord : c’est l’erreur de mesure la plus fréquente sur les chantiers amateurs, elle rajoute 4 à 5 cm de portée libre par lambourde.

Trois points de vigilance :

  1. Le sens de pose. Les lambourdes se posent perpendiculairement aux lames, dans le sens de la pente pour évacuer l’eau. Pente minimale : 1 à 2 % vers l’extérieur.
  2. La nature des lambourdes. Utilisez de l’acacia ou une essence de classe 2 minimum. Une lambourde en sapin non traitée pourrit sous la terrasse en 5 ans, alors que les lames d’acacia, elles, tiennent 25 ans. C’est le point faible du montage entier.
  3. La ventilation dessous. Même sur lambourdes, une terrasse a besoin d’air qui circule sous les lames. Ne condamnez pas les côtés avec des plinthes pleines sans vide de ventilation, et laissez 8 à 10 mm de gap entre chaque lame pour l’écoulement de l’eau et le gonflement.

Fixation : vis inox A2 minimum, A4 en bord de mer. Pré-percez l’acacia, il fend sinon facilement en bout de lame, surtout près des vis. Deux vis par intersection lame/lambourde, à 15 mm minimum du bord de la lame.

Qu’est-ce qu’une façade ventilée et pourquoi l’acacia en a-t-il besoin ?

Une façade ventilée, c’est un bardage posé avec un vide d’air continu entre l’arrière des planches et le mur (ou l’isolant). L’air entre en bas de la façade par des lames ajourées ou des grilles, monte le long du mur en se réchauffant, et sort en haut. Ce courant d’air permanent évacue l’humidité qui traverse le bardage sous forme de vapeur d’eau.

L’acacia est durable face aux champignons quand il reste alternativement humide et sec. Ce qui le tue, c’est l’humidité constante : une planche posée à plat contre un mur, sans vide d’air, garde son humidité côté intérieur et finit par noircir puis pourrir, y compris dans les essences très durables. La ventilation n’est donc pas une option esthétique, c’est la condition de la durabilité annoncée.

En pratique :

  • Vide d’air de 20 à 40 mm entre bardage et mur.
  • Tasseaux ou fourrures verticales en classe 2 minimum, fixés au mur, espacés de 60 cm maximum.
  • Entrées d’air en bas (bande ajourée, grille à insectes) et sortie en haut, avec la même section libre.
  • Aucun obstacle horizontal continu dans le vide d’air : les descentes d’eau ou les câbles le traversent en laissant passer l’air.

Pose du bardage en acacia : planches, claire-voie ou couvre-joints ?

Trois modes de pose courants. Le claire-voie (planches espacées de 10 à 20 mm) ventile le mieux et sèche le plus vite après la pluie : c’est le choix le plus logique en acacia. Le pose à clin, chaque planche recouvre la suivante, fonctionne aussi avec une ventilation arrière correcte. Le couvre-joints demande plus de précision de perçage.

Quelle que soit la pose, laissez un espace de 5 à 10 mm entre les bouts de planches, ou entre la planche et les appuis de fenêtre : l’acacia gonfle en largeur quand il reprend l’humidité. Vissez une seule fois par planche et par tasseau, au milieu de la largeur de la planche, en perçant au préalable : deux points de fixation sur la même largeur bloquent le mouvement naturel du bois et provoquent des fentes.

Les coupes horizontales, en haut des planches notamment, reçoivent un produit hydrofuge : l’eau s’y accumule par capillarité. Une coupe nue en exposition verticale absorbe l’eau de pluie sur plusieurs millimètres.

Entretien : ce qu’on fait et ce qu’on ne fait pas

Non traité, l’acacia extérieur grise en 6 à 12 mois. Ce grisonnement est superficiel : il ne réduit pas la durée de vie du bois, seulement son aspect. Deux options :

  • Vous assumez le gris : vous ne faites rien, vous nettoyez à l’eau une fois par an.
  • Vous gardez la teinte miel : vous huilez une à deux fois par an, après nettoyage et séchage complet, avec une huile adaptée aux bois durs de extérieur.

Ce qu’on ne fait pas : poncer à l’eau l’acacia neuf, appliquer une lasure filmogène qui s’écaille en patches, ou stocker les lames en pile serrée sous bâche plastique fermée, où la condensation fait plus de dégâts que la pluie. L’acacia dense sèche mal en pile compacte : entreposez-le à l’ombre, croisé, avec des tasseaux entre les couches.

Pour la fiche complète de l’essence, son origine et le débat sur son caractère envahissant en Europe, le magazine slovaque cité plus haut consacre plusieurs articles documentés, avec les comparaisons chiffrées face au teck et à l’ipé. C’est la lecture la plus directe avant une commande de lames.

Le bois vendu sous le nom d’acacia pour les terrasses et les bardages provient presque toujours du robinier faux-acacia, un arbre distinct des acacias véritables. Cette confusion est ancienne et n’a pas de conséquence sur la pose : les lames se travaillent de la même façon, avec des lambourdes espacées de 40 à 50 cm et une fixation inox. Pour vérifier l’origine botanique exacte de l’essence que vous achetez, consultez la fiche du robinier faux-acacia.